Accueil Nous connaître Les archives départementales des Yvelines > Historique
La création des Archives départementales de l’ancien département de Seine-et-Oise remonte à 1790, avec la nomination d’un archiviste au Conseil général du département. Cette nomination intervient avant même que ne soit publiée la loi du 5 brumaire an V (26 octobre 1796) instituant les archives départementales au niveau national. A compter de 1968, le découpage du département de Seine-et-Oise entraine, notamment, la création du département des Yvelines et la répartition des archives entre les nouvelles collectivités départementales : Yvelines, Essonne, Hauts-de-Seine, Seine-Saint-Denis et Val-d’Oise.
La richesse des collections, dont le plus ancien document remonte au milieu du IXe siècle, est principalement due à la présence prolongée des instances centrales de gouvernement dans le département.
De l’établissement de la Cour à Versailles aux XVIIe et XVIIIe siècles, les Archives des Yvelines conservent ainsi une partie de la bibliothèque royale (livres aux armes du Dauphin, de Marie-Antoinette…), des documents concernant le domaine royal et des établissements de fondation royale (le fonds de la Maison Saint-Louis de Saint-Cyr est particulièrement riche et presque intact), des cartes et des plans établis par les géographes ordinaires du roi sur la France entière et sur des forteresses italiennes (fonds Matis, notamment), des documents relatifs à la machine de Marly (chargée d’alimenter en eau la ville et le château de Versailles à partir des eaux de la Seine). Les fonds des établissements religieux réservent aussi des surprises comme le fonds des Récollets de Versailles, contenant des documents sur l’histoire du Canada.
La présence royale (sœurs du Roi, Madame du Barry, gens de la cour) explique aussi la grande richesse des fonds saisis sur les émigrés ou les condamnés, lors de la Révolution. Ces archives personnelles se composent des documents les plus inattendus : ainsi, des relations des événements internationaux (fonds Bombelles), des documents se rapportant aux colonies (fonds Lebreton sur la Nouvelle Orléans), à la Franc-maçonnerie (fonds Limoges), des traités de mathématiques ou de médecine (fonds Cornette), des mémoires sur la Marine (fonds Kersaint de Coetnempren), des manuscrits musicaux, un plan de la bataille de Banenhill en Pennsylvanie pendant la Guerre d’indépendance des Etats-Unis d’Amérique, bataille au cours de laquelle le général La Fayette a servi (fonds Noailles)... Les dossiers de séquestre révolutionnaire (immeubles et biens mobiliers), dressés par l’administration des domaines, constituent en outre une source irremplaçable pour l’histoire du patrimoine bâti et non bâti : procès verbaux de vente du mobilier du château de Versailles et d’autres résidences royales, ou dossier de séquestre du château de Rosny (meubles précieux, peintures, sculptures, tapisseries et objets scientifiques).
Siège du gouvernement replié durant 9 ans, à compter de 1871, après l’épisode insurrectionnel de la Commune, Versailles jouera encore un rôle national aux XIXe et XXe siècles, notamment lors du Congrès de 1919 et de la signature du traité de paix conclu à l’issue de ces négociations. Dans les fonds de cette période sont conservées de nombreux documents transcrivant l’instauration du Second Empire, la IIIe République, l’occupation des Prussiens en 1870, la Commune de 1871 et l’organisation des congrès internationaux, notamment les rapports des missions militaires chargées de surveiller les délégations "ennemies", allemande et autrichienne. Signalons aussi les archives du célèbre service de police des "brigades du Tigre" qui travailla notamment sur les affaires Landru ou la "Bande à Bonnot".
Mais l’un des intérêts majeurs de ces fonds plus récents, à compter de la "Révolution industrielle" des années 1850, réside dans les documents liés au mouvement d’urbanisation de la région parisienne et des flux migratoires successifs qui l’ont accompagné. De l’implantation du chemin-de-fer à l’essor de l’industrie aéronautique, en passant par le "boom" démographique des "Trente Glorieuses" autour de la production automobile dans la Vallée de la Seine, un pan entier de la mémoire du territoire du "Grand Paris" est conservé aux Archives des Yvelines. Citons notamment la place accordée aux archives du paysage, de l’urbanisme et de l’architecture, collectées à l’initiative des directeurs qui sont succédés à la tête de ce service, et dont témoigne le fonds de l’Etablissement public d’aménagement de la Ville nouvelle de Saint-Quentin-en-Yvelines, où se côtoient les noms de créateurs d’envergure (Ricardo Bofill, Alain Cornet-Vernet, Manuel Nunez-Yanowsky, Renzo Piano, Fernand Pouillon).
Parallèlement à ces archives d’origine publique, de nombreux documents privés ont été donnés ou déposés aux Archives départementales des Yvelines, voire dans certains cas, acquises à leur initiative. Parmi eux, des pièces relatives à la marquise de Pompadour, à Madame de Staël ou même au canal de Suez ; des fonds de familles, comme celle des Coubertin ou des Chodron de Courcel ; des archives domaniales (chartrier de Pontchartrain) ; des archives d’entreprises (Silverio, constructeur de Parly II, les établissements de mécanique et d’aéronautique Régnier) ; des fonds de cabinets d’architectes à vocation nationale et départementale (cabinet Delin de Saint-Germain-en-Laye, fonds Bazelaire).
Les Archives de l’ancien département de Seine-et-Oise puis des Yvelines ont connu de nombreux déménagements dans divers bâtiments situés à Versailles, de leur création en 1790 à leur déménagement à Saint-Quentin-en-Yvelines, en 2003, dont le bâtiment de la Grande Écurie du château de Versailles (de 1957 à 2003). La destination de ce dernier bâtiment ne le prédisposait guère à cet usage. La saturation des locaux a rendu nécessaire la création d'un nouveau bâtiment. Depuis décembre 2003, les Archives départementales des Yvelines sont installées en ville nouvelle de Saint-Quentin-en-Yvelines, à deux pas de la gare.