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Le travail du peintre

Détail après restauration

François Flameng est né le 6 décembre 1856 et mort le 28 février 1923, à Paris. Peintre, graveur et illustrateur, il est le fils de l’artiste Léopold Flameng et l’élève d’Alexandre Cabanel, de Pierre Hédouin et de Jean-Paul Laurens à l’Académie des Beaux-Arts de Paris, où il devient à son tour professeur en 1905.

Dès 1873, il expose au Salon des Artistes Français, où il est récompensé à plusieurs reprises par la suite. Réputé pour ses portraits mondains, il peint également des tableaux historiques, tel que Vive l’Empereur en 1896, qui représente la bataille de Waterloo. Il est en effet un artiste privilégié sous Napoléon III, reconnu comme peintre officiel, membre de l’Institut et professeur.

Flameng reçoit également plusieurs commandes publiques, parmi lesquelles le décor de l’escalier de la Sorbonne, de la salle Favart de l’Opéra-Comique, un tableau (Eylau) pour l’Assemblée nationale, une toile marouflée pour la gare de Lyon ou encore le décor du salon d’honneur de l’Hôtel des Invalides.

François Flameng représente un courant officiel de la peinture, qui sera critiqué par de jeunes artistes, mobilisés, qui se considèrent plus à même de représenter la guerre pour l’avoir vécue, et qui utilisent les langages picturaux naissants au XXe siècle, pour exprimer leur vision de cette guerre.

Il possède une propriété familiale à la limite des communes de Courgent et de Septeuil, où il est inhumé auprès de son père. De 1912 à 1917, il est maire de Courgent. Dans sa demeure, de style néo-classique, se trouve un atelier de peinture. Sa femme est infirmière durant la guerre et meurt, peu après, de séquelles liées aux gaz de combat. Son fils s’engage, à 21 ans, dans le 28e Régiment d’Infanterie, en 1914 ; Flameng fait son portrait, dans son uniforme à culotte rouge, comme celui d’autres soldats, lors de ses tournées ; il est à son tour, à cette occasion, photographié par des soldats.

Dès 1914, les missions de peintre aux armées sont mises en place par le ministère de la Guerre. Gérées et organisées par le musée de l’armée, elles seraient le résultat de demandes des artistes eux-mêmes, regroupés dès 1913 dans la Société des peintres militaires, dont le président d’honneur est Flameng. Cette société, qui a pour but d’éviter la disparition du genre militaire en peinture, voit le jour dans un contexte déjà assombri par les relations entre la France et l’Allemagne.
Non mobilisés (à cause de leur âge notamment), ces artistes sont des volontaires et ont bien souvent des liens avec le milieu militaire. C’est donc avec un esprit patriotique et un désir de participer à l’effort de guerre que ces peintres vont exercer leur art. François Flameng fait partie des premiers voyages et part pour Reims, le 15 décembre 1914, avec d’autres peintres ; on ignore s’il a jamais croisé Maurice Denis ou Félix Valloton dans leurs tournées. Il bénéficie ensuite d’un chauffeur et d’une voiture en permanence. Il ne cesse de se déplacer durant les quatre années de guerre. Sur place, il réalise de nombreux croquis −plus de 200− la majorité montrant l’arrière du front et les ruines. Véritables "œuvres de reportage", publiées dans le journal L’Illustration, elles sont ensuite retravaillées en atelier, comme le tableau de Courgent dans lequel le peintre reprend des éléments forts de ses aquarelles pour composer une bataille, retrouvant le souffle épique dans la tradition des peintres des siècles précédents.

En mai-juin 1918, une exposition "au profit des œuvres de guerre" est organisée au Petit Palais. Flameng y envoie ce tableau, à côté d’un autre intitulé Le Sauveur, qui figure un blessé déposé sur une civière par trois soldats, dans une composition pyramidale inspirée d’une Descente de croix, dont le choix symbolique est explicité par le peintre par le sous-titre "Avec son sang par son martyre et son héroïsme, le poilu, nouveau rédempteur, aura racheté et sauvé l’humanité pour la deuxième fois".

Depuis, ce tableau figurant la bataille du 25 septembre 1915 a retrouvé sa place dans la salle du conseil de la mairie de Courgent, où il fait écho au monument aux morts sur lequel sont cités trois frères, morts au combat en 1914 et 1915, ainsi que l’infirmière Henriette Flameng.

( © CD78, J-B Barsamian)


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