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Un instantané peint à l'huile sur toile

Tableau après restauration

Offert à la commune de Courgent par le peintre François Flameng, ce tableau (176 x 253 cm), qui est inscrit au titre des monuments historiques depuis 2007, a bénéficié d’une restauration en ce début d’année 2015.

Il représente la tentative de rupture du front en Champagne par l’armée française à l’automne 1915, et interpelle le spectateur par son réalisme et sa précision. Cette scène dont le plan se resserre sur une tranchée allemande jonchée de cadavres est représentée comme un "instantané". La dynamique de l’attaque est donnée par les figures de soldats français courant, grenade à la main. À gauche, ils pénètrent à l’intérieur de la tranchée, armés de couteaux et de baïonnettes. Certains soldats allemands continuent de se défendre et de tirer pendant que d’autres se rendent.

Un drame personnel est individualisé dans cette mêlée : un soldat français est tué par un très jeune officier allemand ; la trajectoire de la balle, tirée à bout portant, est matérialisée par un éclair jaune.

La rougeur de l’arrière-plan et l’épaisse fumée grise laissent supposer une bataille s’étendant sur plusieurs kilomètres. Le ciel bleu du matin (il est 9h30, précise le sous-titre) n’est presque plus perceptible, tout comme les silhouettes des soldats à l’arrière. Certains soldats regardent directement le spectateur, comme cet allemand se trouvant dans l’abri en bas à droite, caché par les mains levées de son camarade.
Une chaise semble errer au milieu de la scène, témoignage de la vie quotidienne au front. Selon la tradition orale, trois habitants de Courgent seraient représentés parmi les soldats français.

Contexte historique

En 1915, les Etats-majors tentent de renouer avec la guerre de mouvement et rêvent d’une percée dans les lignes ennemies. Conformément à cette ligne de conduite, Joffre lance une première offensive en Champagne dès la fin de l’année 1914. Les combats se poursuivent jusqu’au 23 mars 1915. En vain ! La première bataille de Champagne s’achève sans aucun gain territorial et en ayant fait près de 90 000 victimes françaises.

Après ce revers, une seconde tentative de rupture du front en Champagne est engagée à l’automne. L’objectif est notamment de marcher sur Perthes-les-Hurlus afin de détruire la voie ferrée qui ravitaille en hommes, en nourriture et en matériel les lignes allemandes entre Reims et l’Argonne. Trente-cinq divisions françaises, composées de troupes reposées et bien équipées, se préparent à l’action. Placées sous le commandement de Castelnau (chef du Groupe d’armée centre – G.A.C.), la 2e armée de Pétain et la 4e de Langle de Cary s’élancent à l’assaut le matin du 25 septembre.

( © CD78, J-B Barsamian)


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